Le traquenard

1er jour dans mon nouvel emploi. Ma responsable, enceinte, est en arrêt maladie pour 1 semaine, je ne la vois donc pas. Pas de gros bide en vue, ça c’est cool. Sauf que… Tour des bureaux : une est enceinte de jumeaux, et part en congé mat dans deux semaines. Ouf. L’autre est en début de grossesse mais bosse dans un autre service à l’étage du dessous. Bon, ça fait beaucoup de femmes en cloque, mais je ne la verrai pas souvent. Re ouf. Et puis, c’est le drame. Réunion d’information avec la responsable RH qui est, vous l’aurez deviné, enceinte elle aussi, et en plein mode PB, alternant deux gestes, le caressage de bide et le tripotage de bola. Punaise, mais ils mettent quoi dans l’eau, la bouffe, les ordinateurs ? Ils diffusent des phéromones spéciales ou quoi ?! Faites-en moi bénéficier, bordel ! Mon responsable commercial a blagué en disant qu’il y avait peut-être un étalon responsable de cette prolifération de grossesse. Hin hin. Bref, je suis cernée. Au secours, sortez moi de là

 

 

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Fille perdue cheveux gras

Ces derniers cycles, en plus des saignements 7 à 10 jours avant mes règles, j’ai le plaisir de découvrir les cheveux qui graissent à la vitesse de l’éclair dans les jours précédents l’arrivée des reds. Avant, mes cheveux épais et secs se contentaient de deux shampoings par semaine. Maintenant, on passe à tous les deux jours, voir même tous les jours si je  veux qu’ils soient vraiment nickels. Joie et bonheur…

Demain, je quitterai ma Little Bitch pour 6 jours pour commencer un nouveau contrat (mieux payé dieu merci, et un CDI). Je déteste les premières semaines dans un nouveau boulot, quand tu te paumes dans les couloirs (je n’ai aucun sens de l’orientation), quand tu ne sais pas bien qui est qui (je ne suis pas du tout physionomiste et j’ai beaucoup de mal à retenir les noms, ce qui est un poil handicapant sachant que je bosse dans la com), quand tu n’as pas encore compris qui couche avec qui les jeux de pouvoir, et que tu as peur de faire une énorme erreur et d’être considérée comme un boulet. Vivement la fin de la période d’essai !

Après ces derniers mois mouvementés, je pense hiberner une bonne partie de l’hiver.

Serrer les dents

Dans l’année, il y a des moments durs à vivre pour toute infertile : la rentrée des classes en fait partie. Demain, Little Bitch entrera en maternelle. Je mesure ma chance de pouvoir vivre cette date et de mieux vivre les innombrables articles, reportages et pubs qui renvoient celles qui attendent sur le quai au fait qu’elles sont exclues du club de la parentalité. Pour autant, tout n’est pas résolu et je reste en décalage. Je serai certainement confrontée à des PB, et il y a de fortes chances que plusieurs des gamins de la classe aient déjà 1 petit frère/soeur. Pour l’instant, Little Bitch ne nous pose aucune question sur le sujet d’en avoir un/une, mais c’est possible que cela change. Et là, c’est dur à entendre. Je ne vais quand même pas lui répondre que Papa et Maman sont des gros loosers de la fertilité et incapable de produire un 2ème gniard. Ah ! Enfin, chaque chose en son temps : nous sommes sur le point de déménager sur la Côte d’Azur où nous avons trouvé un appartement après quelques péripéties et pas mal de stress. J’ai 10000 choses à faire. C’est un changement plutôt positif bien sûr, mais comme toute transition, ce n’est pas hyper confortable. Little Bitch ne fera donc que 2 semaines dans son école, avant d’en changer. Certes pas idéal, mais nous n’avons pas tellement d’alternatives. Je culpabilise, d’autant plus que je la laisse seule avec Pacha pendant 6 jours puisque le déménagement ne se fera qu’une semaine après ma prise de poste.

Une des premières choses que j’ai regardé quand j’ai su qu’on partait, c’est des recommandations pour un spécialiste en infertilité. J’en ai trouvé un qui a l’air pas mal. Les délais pour avoir un rdv sont longs, mais comme il n’est pas question de démarrer quoique ce soit avant quelques mois, le temps que je m’installe un peu dans mon poste, ça pourrait le faire.

Je vous laisse, j’ai cartons.

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Les antibiotiques, c’est pas automatique

Pacha et moi sommes sous traitement antibios depuis presque 2 semaines maintenant, suite à une infection. Et ce n’est pas une partie de plaisir : diarrhée qui va et vient (vous êtes à table ? Bon appétit), fatigue importante, sommeil perturbé. Qu’est-ce qu’il ne faut pas subir pour nettoyer son utérus et le rendre potentiellement accueillant pour un hypothétique ovule fécondé. La bonne nouvelle, c’est que mes nibards ont enfin dégonflé – ils avaient pris de l’ampleur suite aux stims, et même si ça restait loin du bonnet E, je n’aime vraiment pas quand ça gonfle et je suis heureuse avec mes petits seins.

A l’heure où cet article paraîtra, je serai en pleine journée marathon « chasseurs d’appart » : nous avons 6 visites pour essayer de nous loger sur cette si chère Côte d’Azur. Le tout avec Little Bitch, qui j’espère se tiendra à carreaux. Et en serrant les fesses pour ne pas avoir une urgence intestinale en pleine visite. Ça fait mauvais genre…

 

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En fait on s’en fout de la double vasque

Entre la poire et le fromage

Dimanche soir, dîner chez mes parents. Je savoure le saucisson brioché avec mon petit verre de blanc. Ma mère : « Ah tiens, Machine est enceinte du 2ème ». Moi : « Ah » (sous-titres : j’en ai rien à foutre des grossesses des fertiles, changeons de sujet) Ma mère, pas découragée par ma réponse laconique : « Elle a fait son test de grossesse la semaine dernière, c’est le tout début ». Moi, sentant une bouffée d’agacement qui arrive : »Ah » (sous-titres : la meuf vient de faire un test de grossesse positif et elle l’annonce à tout le monde ?! D’un côté j’admire l’optimisme, d’un autre je me dis qu’elle est vraiment inconsciente, cette conne) Ma mère, continuant vaillamment : « et du coup tu vas chercher un autre spécialiste en infertilité une fois que vous serez installés sur la Côte d’Azur ? » (où est le rapport, bordel ?!) Moi, au bord de la crise de nerfs : « J’en sais rien, ce n’est pas la priorité en ce moment ». Heureusement que mon père est intervenu pour changer le sujet, je sentais que le saucisson brioché commençait à me rester coincé dans la gorge. Tact et finesse 0, ma mère 1.

 

Vous avez dit vacances ?

Un vendredi soir de juillet, nous voilà en route vers PachaLand. C’est parti pour 28h de voyage. Mais pourquoi donc n’avons-nous pas pris l’avion, que vous devez vous demander. C’est qu’on a encore des affaires là-bas, livres, tableaux, déco, que nous voulons récupérer et vu le prix du cargo, ajouté à celui des billets d’avion en juillet-août, on n’avait juste pas d’autres options. Heureusement, notre fidèle tacot a tenu le coup, Peppa Pig a distrait Little Bitch pendant le voyage, et nous sommes arrivés, puants et dégoulinants mais vivants. Finalement, le voyage fût loin d’être le pire moment de ces vacances… Nous sommes restés les 2 semaines chez ma belle-soeur, à l’exception de 2 jours passés peinards que tous les 3 sur une île à l’hôtel (pas de bol, c’était pile quand mes ragnes ont débarqué). Comment vous dire… Les vacances dans ma belle-famille, plus jamais. Déjà quand tu es hébergé chez quelqu’un, tu n’es pas vraiment libre de tes mouvements et de faire ce que tu veux. Il faut respecter le rythme de tes hôtes, les informer de ton programme de la journée, faire gaffe de ne pas laisser traîner un soutif et faire caca en silence. Chez ma belle-soeur, il faut rajouter l’inconvénient majeur qu’elle vit en lointaine banlieue et qu’il faut au bas mot 1h30 à 2h pour rejoindre les quartiers sympas de la ville. Autant te dire que ça coupe un peu l’envie d’aller se boire un verre en terrasse à 22h. Mais tout ça n’est rien du tout par rapport aux 2 énormes points noirs de ce séjour, j’ai nommé mon neveu et ma belle-mère.

Le neveu : 4 ans, infernal, parlant mal à ses parents et aux adultes façon ado en crise, incapable de jouer calmement plus de 2 minutes, sans arrêt surexcité ou parlant d’une voix geignarde. Incapable de se nourrir sans regarder un dessin animé sur le portable de sa mère, qui le nourrit à la cuillère. Bien sûr Little Bitch n’a pas tardé à prendre exemple sur le môme et j’ai donc passé mes vacances à faire le gendarme. Le jour où il l’a violemment poussée et que son menton a tapé sur une marche, j’étais à 2 doigts de balancer le gamin dans la piscine sans ses brassards de merde. Heureusement Pacha est intervenu en voyant ma tête de Médusa (ça aurait été con que je finisse en taule). En résumé, je ne peux pas blairer ce gosse.

Passons à la belle doche, qui a donc squatté avec nous chez sa fille. Incapable de s’occuper d’enfants autrement qu’en rigolant quand insultée par petit con de neveu et en excitant les gamins. Faut pas compter sur elle pour lire une histoire, donner une douche ou préparer un repas. Par contre pour intervenir quand on disciplinait Little Bitch, là elle donnait son avis, hein. Elle nous a fait chier, chier, et rechier sur le fait qu’on allait laisser notre fille pour une nuit chez son ancienne nounou : c’est n’importe quoi, elle ne se souvient plus d’elle, elle va être traumatisée, elle va pleurer toute la nuit, et la nounou n’est pas de la famille, pourquoi elle a le droit d’avoir Little Bitch pendant 24h, on devrait rester ensemble pendant toutes les vacances, et bla bla bla. Je me suis vraiment retenue pour ne pas lui balancer qu’on ne demandait pas mieux que de lui laisser la petite 2/3 jours sauf qu’elle n’avait jamais rien proposé, que même sa propre fille savait qu’elle n’était pas capable de s’occuper d’un gamin et que la seule fois où elle a joué avec pendant qu’on prenait un verre, elle s’était plainte que ce n’était pas à elle de s’en occuper. Little Bitch a été tellement traumatisée à l’idée qu’on la laisse pour une nuit que quand on est partis de chez la nounou, elle nous pris par la main et nous a amené jusqu’à la porte en nous disant bye bye. Bref… La belle doche nous a aussi collés tout le temps, faisant la tronche car elle n’aimait pas le quartier pourtant superbe où on a passé une journée (et où on lui a payé un super restau, soit dit en passant, j’attends toujours son merci). Elle a continué à me gonfler car il fallait absolument porter du jaune pour l’anniversaire de petit merdeux neveu (c’est sa couleur préférée). Et pourquoi pas se mettre une plume dans le cul et arriver en Batmobile, pendant qu’on y est ?! J’ai refusé, officiellement parce que je n’avais pas de fringues jaunes. Elle a donc refait la tronche.

Bilan des vacances : une Little Bitch à recadrer, au moins un meurtre évité de justesse, un bide en vrac suite au stress et aux horaires aléatoires des repas, zéro sexe avec Pacha, un dos détruit suite au voyage, un amour renouvelé pour mes parents qui me font rarement chier, eux. J’allais oublier : j’ai eu un appel m’informant que j’avais décroché un poste en CDI sur la Côte d’Azur. Heureuse certes, mais c’est la panique car je dois commencer le 10 septembre et mon contrat actuel se termine le 7. Il faut trouver un appart, inscrire Little Bitch à l’école et trouver un mode de garde pour le périscolaire, déménager. Sur le front de la PMA, ça reporte donc aux calendes grecques : je ne me vois pas m’absenter dès mon début de contrat pour les visites médicales.

Voyons le positif : Pacha était tellement sur les nerfs qu’il s’est juré ne plus jamais passer de vacances dans sa famille. La prochaine fois, on ne dit à personne qu’on est à PachaCity la 1ère semaine et on va à l’hôtel.

La Fouine à la fin des vacances 

Passé

Intérieur jour. Cabinet de Dr Strange à PachaCity. Fraîcheur agréable de la clim après la chaleur humide du dehors. Rien n’a changé dans cette salle d’attente où j’ai passé tant d’heures : les photos de bébé, les bourgeoises stylées qui patientent en tripotant le dernier iPhone ou en feuilletant des magazines de déco (ça change des vieux numéros de Parents Magazine ou des prospectus « votre grossesse » de l’hôpital de moyenne ville) Les deux secrétaires me serrent dans leurs bras et s’extasient sur Little Bitch qui fait sa fausse tête de timide et lorgne sur la coupe de bonbons. On discute, jusqu’au moment où on me dit que Dr VIP alias Grand Ponte est prêt à nous recevoir. Il nous accueille chaleureusement dans son bureau. Avec Pacha ils se tutoient, dans la langue du pays : faut dire que farfouiller ensemble dans un placenta, ce qu’ils ont fait après que j’ai mis bas, ça créé des liens… Je lui explique la situation : les 4 stims négatives, ma mauvaise réponse au traitement lors des 2 dernières tentatives, le fait que je ne faisais pas confiance à Dr Strange et que je voulais savoir où j’en étais exactement de mon statut d’OMPK. Je lui donne les résultats de la prise de sang faite en mars avec les taux d’hormones. Il me confirme que le taux de LH est trop élevé. On passe à la bonne vieille écho endo-chattale. Des petits kystes sur chaque ovaire. Fuck. D’après Dr VIP, cela n’empêche pas l’ovulation, c’est juste que je dois ovuler  environ 1 fois sur 2. Si ça ne fonctionne pas au bout de 2 ans, c’est qu’il y a autre chose. Il me fait un prélèvement, une infection étant une éventualité. Il prescrit un spermo à Pacha. Aussitôt prescrit, aussitôt accompli : après un déj en terrasse avec une amie, Pacha s’est dirigé la fleur au fusil à la bite vers le labo d’analyse. Un mauvais film porno plus tard (dixit l’intéressé), c’était chose faite. Le lendemain, les résultats sont tombés et miracle : finie l’OATS sévère, monsieur ne souffre plus « que » de tératospermie modérée et a un nombre record de nageurs avec une bonne mobilité. Pour moi par contre, une bonne infection, ce qui nous donne droit à tous les deux à 2 semaines d’antibios. Ce qui explique les saignements hors règles que j’ai eus ces deux derniers cycles.

Sinon que dire de ces vacances (qui n’en ont eu que le nom)… Well, disons qu’il n’y a aucune chance qu’on ait conçu un bébé vacances. Je suis rentrée crevée et vidée. Détails à venir !