Into the unknown

Vous avez pigé la référence à la chanson titre de La Reine des Neiges 2 ? Non ? Vous avez de la chance, elle est pire que la pourtant déjà bien chargée « Let it go » (Libérée, délivrée in french) du 1. Oui j’ai amené Little Bitch, grande fan, au cinéma pour voir le 2ème opus. Et je me suis moins ennuyée que prévu, rigolant même lors de cette scène qui je pense deviendra mythique où Kristoff chante une love song façon clip des années 80. Bref, revenons à nos moutons : je vais donc certainement faire ma 1ère FIV. Mon rdv avec cette nouvelle gynéco s’est bien passé : elle est très douce, explique tout, et a l’air de croire aussi aux médecines alternatives (elle m’a dit que c’était très bien que je vois régulièrement un ostéo et m’a recommandé une naturopathe spécialiste de l’endométriose), l’inverse de Dr VIP en quelque sorte. D’après mes résultats de prises de sang après le drilling, j’ovule naturellement et elle veut vérifier en me faisant une écho dans 15 jours (mon rdv avec elle tombait pile à J1). Elle rejoint l’avis de Dr VIP comme quoi le problème n’étant pas l’ovulation, ni le sperme, ni la qualité de la glaire, cela ne sert à rien de continuer à faire des stims et qu’il faut passer en FIV. Sauf qu’elle m’a expliqué cela d’une manière bien plus diplomate que l’autre bourrin et surtout en me disant que c’était à moi de décider si et quand. Donc Pacha refait un spermo, on refait tous les deux les sérologies, je remplis le dossier pour la demande et ensuite c’est parti mon kiki. A priori, le top départ serait en janvier ou février. J’ai hâte et en même temps j’appréhende. Les piqûres je connais (du Puregon au Lovenox en passant par le Décapeptyl), les pds et échos endo-chattales je connais, la progestérone je connais, par contre la ponction ce sera nouveau, ainsi que la très agréable attente pour savoir s’il y a des ovocytes exploitables et des embryons pas trop mauvais. Au niveau des doses, ce seront quasiment les mêmes que pour les stims simples, pour éviter que mes ovaires pleins de kystes s’excitent trop et partent en cacahouète hyperstim. Est-ce que j’y crois ? J’ai trop de bouteille pour me dire que ça va marcher, mais j’ai de l’espoir. On va y aller un jour après l’autre déjà, et voir comment se déroule ce protocole. Si seulement « y’avait qu’à faire une FIV »…

Univers impitoyaaaabbbleee

Depuis mon retour en France, je galère avec le monde du travail. Ce fut difficile de trouver un poste (9 mois de recherche), puis celui trouvé était payé à peine au-dessus du SMIC et surtout ne fut pas une expérience agréable du tout (j’en avais parlé ici). Suite à la fin de mon CDD, changement de région pour un autre poste. Très vite, je me rends compte que ce nouveau job ne va pas le faire non plus (mais j’aime la région) : ambiance tendue, service en déroute, patrons à l’ancienne et fermés au dialogue, en plus de longs trajets. Ne pouvant me permettre de démissionner, je serre les dents, cherche un autre boulot, et tiens le coups plusieurs mois grâce à quelques collègues sympas. Puis la libération : je trouve un autre poste au printemps, petite boite familiale, dans le domaine de l’art, mes premières amours. Seul point négatif : c’est encore loin de mon lieu de résidence. Après des débuts positifs, et une augmentation de salaire inespérée, les choses se gâtent : le couple qui tient la boite s’engueule de plus en plus souvent, est en cours de séparation, l’ambiance se dégrade. Mon patron n’écoute plus mes conseils et m’ordonne de faire des choses avec lesquelles je suis en total désaccord. Il change d’avis sans arrêt, il n’y a aucune stratégie, impossible d’organiser des réunions car je ne sais jamais quand il sera là ou pas. Je me rends compte en plus qu’il peut être très mesquin : horaires de travail comptabilisés aux 10 minutes près, journée de télétravail décomptée de mon salaire car il ne l’avait pas approuvée au préalable. Sa femme est pire et parle contre moi derrière mon dos (au moins lui dit les choses en face). Il alterne les compliments à gogo et une attitude très distante. Je devais récupérer une voiture de fonction depuis un bon moment, chose qui était enfin quasi finalisée. Sauf qu’au dernier moment, il me demande une lettre comme quoi je m’engage à payer toute éventuelle contravention, et qu’il doit parler à son assurance pour ne pas avoir de malus si jamais j’ai un accident. Depuis le temps qu’on parle de cette voiture, il aurait peut-être pu s’en occuper avant… Surtout que j’aurais du la récupérer il y a 10 jours mais que c’est moi qui ai retardé, le temps de m’organiser pour le parking. Je me retrouve donc à galérer dans les transports. Cette histoire est  la goutte d’eau qui fait déborder le vase du ras-le-bol : je cherche un autre boulot. Une fois de plus.

Est-ce moi qui ai un problème ? Pourtant je n’avais eu avant que des expériences positives, avec des postes où je restais plusieurs années, à l’étranger mais aussi lors de mes stages en France, dont un qui avait abouti sur un CDI. Je n’ai pas des exigences folles en matière de salaire, je suis quelqu’un de sérieux et consciencieux, j’ai des compétences et pas mal d’expérience. Tout ce que je demande, c’est une ambiance de travail à peu près saine. Je sens que je tire pas mal sur la corde et je ne veux pas me retrouver en situation de burn-out et au bout du rouleau. Franchement si Pacha ne gagnait pas que des clopinettes (il est en formation AFPR et ne touche que ses allocs chômage jusqu’à mi-janvier où il sera embauché en CDD et touchera enfin un vrai salaire), je négocierais une rupture conventionnelle pour me casser dès que possible et faire une pause avant de reprendre un autre job. Mais impossible pour le moment, au vu de notre situation financière, ce serait une catastrophe. Je réfléchis en tout cas sérieusement à lancer ma boite, mais il me faut du temps pour travailler mon projet. Temps que je n’ai pas car je cours tout le temps, avec en plus l’impression de ne pas voir assez Little Bitch (bonjour la culpabilité qui se rajoute…) Me vient même parfois l’envie de me mettre en arrêt maladie pour quelques semaines. Et pour que j’en arrive là, alors que j’aime bosser et que je déprime si je reste chez moi plus de quelques jours, c’est qu’il y a un gros souci. Cette fin d’année est donc compliquée, et je pense que des gros changements se profilent en 2020. Je l’espère en tout cas. En attendant, j’ai rendez-vous mercredi avec une nouvelle gynéco, à voir ce qu’elle pense de notre cas.

Celle qui avait du pif

L’annonce  été faite non pas à Noël, mais lors du week-end où mon frère fêtait sa soutenance de thèse : ma belle-soeur est enceinte. Du 4ème. Toute cette fertilité, ça me laisse perplexe. Heureusement, je l’aime bien et puis j’avais un peu picolé avant, alors cela ne m’a pas gâché la soirée. Quoique étant au courant de mes problèmes, elle aurait peut-être pu faire ça avant en privé. Bref, ça pique quand même, on ne va pas se mentir. Quand j’ai annoncé la nouvelle à Pacha par WhatsApp (il n’avait pas pu venir) il m’a répondu que notre Little Bitch valait au moins 5 enfants (vu son comportement pénible des derniers jours, c’est pas faux, ah ah ah). C’était sa façon de me remonter le moral, il a compris que j’encaisse de plus en plus mal ce genre d’annonces.

Double dose de champ pour fêter cette belle annonce, you hou ! 

Un été fertile

Ces derniers temps, les annonces de grossesse pleuvent (hin, hin, hin, référence subtile au temps de ces dernières semaines) autour de moi. Non ce n’est pas qu’une impression, j’ai compté. Faut croire que les gens de mon entourage ont été inspirés par la canicule et se sont envoyés en l’air de manière intensive cet été. En même temps, Pacha et moi aussi on a eu une vie sessouelle intense, mais le résultat est peau de balle. Même avec le gros coup de pouce hormonal de la stim 6 en juillet, et un superbe test post-coïtal positif, y’a rien qui se développe dans mon utérus à part l’endométriose. Mon ancienne collègue, qui est devenue une amie, est enceinte suite à une FIV. On a des parcours similaires : elle a un enfant de 6 ans, né à l’étranger dans le pays où elle vivait suite à une stim simple. Toutes les stims qu’elle a fait ensuite pour essayer d’avoir un 2ème ont échoué. La 1ère FIV a été la bonne. C’est elle qui m’a recommandé sa gynéco, chez qui j’ai pris rdv début décembre. Son traitement s’est bien passé, super prise en charge, avec la spécialiste elle-même qui fait les échos de contrôle et le labo juste à côté pour les prises de sang. Voilà qui me changerait par rapport à Dr VIP, mais on n’en est pas encore là. Toujours est-il que je suis sincèrement heureuse pour elle, déjà parce que c’est une pmette, et aussi parce que ce n’est pas le genre à se transformer en dinde une fois en cloque.

J’espère juste éviter une annonce à Noël, je sens des candidates potentielles parmi mes proches…

Mrs Spots

Cela fait bien deux mois que je vis la misère au niveau de ma peau et des cheveux : plus d’acné que d’habitude, avec des boutons qui mettent du temps à partir, et cheveux gras qui tombent par poignées. Heureusement que j’en ai beaucoup et qu’ils sont épais, donc ça ne se voit pas. Je passe un bon moment le matin à appliquer du fond de teint pour camoufler les dégâts. Le pire, c’est que je commence aussi à en avoir sur le décolleté, chose qui ne m’était pas arrivée depuis mon traitement au Roaccutane fait à 20 ans et qui avait tout éradiqué. Après des recherches frénétiques sur internet, surtout sur les OPK car ça vient certainement de là, je lis quelque chose sur le Palmier de Floride – c’est un complément prescrit pour les hommes ayant des problèmes de prostate (on continue dans le glamour..) et je pense que ça peut me faire du bien car le Flutamide (également prévu pour ces messieurs) prescrit par Dr VIP avait effectivement arrangé les choses (pas de bol, ce médoc ne se fait plus en France). J’ai donc commandé ces petites choses sur internet, en espérant que cela ait l’effet escompté. Je prends aussi du Zinc Picolinate. Si certaines sont passées par là et ont des recommandations, je prends.

En parlant de joyeusetés, ce n’est pas une mais deux photos d’échographies de meufs annonçant leur grossesse que j’ai eu le plaisir de recevoir par Whats App en l’espace de 10 jours. La prochaine fois, j’envoie une photo de b*te en réponse avec un petit message du genre « Félicitations, tu t’es faite tr*ngler » C’est vulgaire et pas sympa mais je suis dans une phase pitbull. Faut vraiment que je trouve un moyen de reprendre le sport pour me défouler…

Un automne en demi-teinte

Un article un peu fouillis, de tout et de rien… Gros point positif de cet automne: Pacha a enfin trouvé du boulot. Certes ce n’est qu’un CDD de 3 mois mais avec possibilité de CDI et au moins ça lui permet de se faire une expérience correspondant à son diplôme récemment obtenu. Le moins, c’est que c’est à 45 min de route et que du coup l’organisation est compliquée pour déposer et aller chercher Little Bitch à l’école. J’ai l’impression de courir tout le temps et mes bonnes résolutions de faire du sport n’auront pas résisté au manque de temps. A moins de me lever à 5h30, ce qui est inenvisageable pour moi sur le long terme, surtout si je veux garder une vie sociale, il ne reste que le week-end.

Niveau PMA, une ancienne collègue qui entame une FIV m’a recommandée sa spécialiste. J’ai regardé son site par curiosité et vu qu’on pouvait prendre rdv via Doctolib. Le prochain n’étant qu’en décembre, j’ai réservé en me disant qu’au pire si je n’en avais pas envie, je pouvais toujours annuler. Reste à récupérer mon (épais) dossier auprès de Dr VIP. Sur le front de la PMA, je reste surprise de voir à quel point même des gens cultivés et pas cons ignorent de quoi on parle. J’ai revu il y a quelques jours une très bonne amie, profitant de quelques heures de liberté à Paris où j’étais allée deux jours pour le boulot. On a parlé de mon parcours, et elle était très surprise quand je lui ai dit que les taux de réussite étaient assez bas. Dans sa tête, on n’était pas loin des 80% (si seulement…)

Après un J1 particulièrement sanglant et une fuite spectaculaire, je me suis enfin décidée à acheter une nouvelle cup conçue pour les flux très abondants – en espérant ne plus être obligée de la changer 4 ou 5 fois par jour. Croisons les doigts et serrons les cuisses, ah ah. Peut-être aussi qu’un vague espoir d’être en cloque bientôt me retenait. Cet espoir est bien loin aujourd’hui. Entre les mycoses à répétition et les hémorroïdes, mon corps a décidé de me faire chier jusqu’au bout.

Le temps ensoleillé a laissé place à de la pluie, ce qui ne me déplaît pas tant que ça : je peux rattraper mon manque de sommeil et hiberner sans culpabilité. Même si j’apprécie mon boulot, je fais de plus en plus d’heures supp et de déplacements, et j’ai parfois l’impression d’être dépassée par les attentes de mon boss.

Bref, les hauts et les bas de la vie…

Le commencement de la fin ou la fin du commencement

Rendez-vous avec Dr VIP mardi en début d’après-midi. Je n’avais pas pu avoir un autre horaire et j’ai donc du poser une demi-journée de congés. Après 2h d’attente, je suis appelée. A peine assise, il attaque direct sans un bonjour. « Vous n’êtes toujours pas enceinte alors que vous devriez l’être après la dernière stim au vu des résultats positif du test de Hühner. Donc il n’y a pas de rencontre entre ovocyte et spermatozoïdes, il faut passer en FIV ». Moi, un peu sonnée « Euh mais je ne suis pas sûre d’être encore prête pour ça ». Lui : « Dans ce cas je ne peux plus rien faire pour vous, je vous rends votre dossier et vous allez voir mon confrère en face, lui vous fera faire gentiment des stimulations, bien que ça ne serve à rien » (il n’a clairement aucune estime pour ledit confrère). Il m’explique ensuite tout le protocole de la FIV, m’examine et me fait un frottis, me file les ordonnances pour refaire les sérologies et me laisse avec sa secrétaire. Elle m’explique les démarches à suivre et le dossier à lui fournir si je décide de faire cette FIV. Je repars du cabinet, dans les choux et avec une vague envie de pleurer et de taper sur quelqu’un en même temps. Entre Dr VIP et moi, c’est donc fini. J’avais déjà des doutes, et son attitude sans aucune empathie lors de ce rendez-vous les a confirmés. Reste à voir si je cherche un/e autre spécialiste ou si j’en reste là. En ce moment, entre mon boulot hyper prenant et les états d’âme de Pacha, toujours au chômage, je ne suis clairement pas en état d’attaquer une FIV, et je ne suis pas sûre de vouloir continuer en PMA. J’en ai ras le bol des rendez-vous médicaux, des échos endo-chattales, du comptage de follicules, des espoirs déçus, de cette impression d’être un bout de viande que la médecine essaie de mettre enceinte. Et puis je me fais doucement à l’idée que nous n’aurons qu’un enfant et que le fait que Little Bitch n’ait pas de frère ou de soeur n’est pas dramatique. Voyons le côté positif des choses : je suis déjà extrêmement chanceuse d’avoir un enfant, ma libido est au top malgré la fatigue et je n’ai pas à m’emmerder avec la contraception. Alors peut-être que dans quelques mois mon état d’esprit aura changé et que je serai open pour repartir dans le marathon de la PMA. Ou pas. Quoiqu’il arrive, mon seul horizon médical de ces prochains mois sera le dentiste et le super ostéo bienveillant et adorable.