Shame – les joies d’être parent vol.5

Les enfants ont parfois le don de vous mettre la méga honte. Je me souviens bien de mon frère, 2 ans à l’époque et assis dans un caddie, faisant poët poët avec ses mains en pressant les seins de ma mère, pendant que nous étions dans la queue à la caisse de l’hypermarché bondé en cette veille de Noël. Ou de ma soeur baissant sa culotte pour faire pipi par terre dans cette brasserie chic de la rive gauche. Little Bitch ne fait pas exception et n’avait jamais mieux mérité son surnom que ce jour où elle a fait une méga crise dans un supermarché de l’ami Edouard L., avec des hurlements de goret faisant passer les vocalises de la Castafiore pour des chuchotements. Il y aussi eu la fois où âgée de 9 mois, elle a passé les 3h de vol à faire des gros pets bien sonores (mais heureusement inodores) – comme elle était sur mes genoux, je pense que le gars assis à côté a cru que c’était moi… Oui dans ces moments là, infertile ou pas, on en vient presque à vouloir se barrer en courant en laissant lâchement son lardon derrière. Tout en culpabilisant d’y penser et de ne pas avoir un enfant qui sait se tenir bien et rester sage comme une image de catalogue Cyrillus. Mais la vie n’est pas comme dans les pages de magazine ou les comptes Instagram d’influenceuses, et c’est finalement plus fun comme ça (du moins après coup, quand on en rigole en racontant ça à ses potes).

D’ailleurs même mon chat me fout parfois la honte…
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A l’attaque #2

Hier matin, me voilà donc à 8h tapante au labo pour ma prise de sang afin de mesurer les taux d’hormone et l’AMH (examen toujours pas remboursé, d’ailleurs). Ensuite pause café, le temps d’appeler la clinique pour prendre rdv pour le sperme de Pacha : rdv le 20 décembre, les délais sont longs… Appel aussi à la gynéco spécialiste en échographie suivant les instructions de Dr Rocky/Miracle, pour un rdv entre J20 et J24 afin de voir précisément mes ovaires et de confirmer mon statut enviable d’OMPK. J’enchaîne ensuite avec l’échographie de J3, réalisée par un confrère de Dr Miracle, cabinet en face. Le bougre est peu bavard, mouline de partout avec sa sonde et finit juste avec “tout va bien”. Avec 20 follicules antraux sur mon ovaire droit et 15 sur le gauche, on ne doit pas avoir la même notion du tout va bien. Bref, peu importe, l’interprétation sera faite par Dr Miracle.

Déjà bien en retard pour aller bosser, cela ne s’est pas arrangé avec la panne du lecteur de carte vitale et l’attente pendant le redémarrage du système. Avec un bonus spécial infertile : la PB enceinte jusqu’au cou qui fait des paris avec la secrétaire pour savoir quand elle va accoucher, hi hi hi.

Un chèque de 100 boules plus tard (il semblerait que de nombreux spécialistes, en tout cas dans le domaine gynéco, aient une allergie étrange aux cartes bancaires), me voilà dehors, à courir pour rejoindre Pacha qui m’emmène au boulot en voiture.

Ai-je mentionné qu’en bas de l’immeuble où Dr Miracle et son confrère Dr Touvabien ont leur cabinet se trouve un magasin Natalys ? Certes pratique pour les patientes en cloque, mais en tant qu’infertile tu as plus envie d’aller arracher l’affiche du bébé joufflu dans la vitrine.

Prochaine étape : J24 pour une série de prises de sang et une échographie. Du coup j’ai posé une journée de congés, j’en profiterai peut-être pour faire un peu de shopping de Noël, entre aiguilles et sonde vaginale.

A l’attaque

Petit debrief du rendez-vous avec le Dr Miracle de la Côte d’Azur ce matin. Ca a commencé avec la minute blonde, quand je n’ai pas pigé qu’il fallait pousser et non pas tirer la lourde porte de l’immeuble bourgeois où se trouve le cabinet. Ce petit moment de solitude passé, me voilà dans ce très grand cabinet, avec des piliers et des miroirs partout et de l’art contemporain d’un goût douteux. Pas de secrétaire en vue. Je m’assois en face d’une femme. Mes règles ont débarqué le matin même et j’ai très mal au bide malgré l’ibuprofène que j’ai gobé en surdose. J’attends 30 minutes, en me disant que j’en ai bien pour 2h sachant que la femme doit être avant moi. En fait non, elle accompagnait l’autre qui vient de finir. Dr Miracle, carrure de rugbyman et visage de boxeur, n’a pas l’air d’être du genre bisounours. Il commence à longuement m’expliquer le fonctionnement du cycle et de la fertilité et je ne peux pas en placer une. J’aimerais bien lui dire que vu mon passif, je ne suis pas une jeune naïve de 20 ans qui ne sait ce qu’est un ovocyte. Je finis quand même par lui détailler mon parcours et il pige que j’ai déjà un enfant. Il me dit qu’il faut tout reprendre à zéro et lancer tous les examens de base : prise de sang, mesure de la glycémie, échographie pour comptage folliculaire à J3, puis de nouveau écho détaillée entre J20 et J24 pour confirmer le diagnostique OMPK. Pacha lui va bien sûr avoir droit à son spermogramme et à une analyse d’urine. Puis on passe aux choses sérieuses : les prélèvements vaginaux. Pas de frottis, comme je saigne, ce sera la prochaine fois. La consultation aura duré 1h15. Dr Miracle a fini par devenir plus chaleureux vers la fin. Il a l’air précis dans ce qu’il fait, et super dispo. J’ai son numéro de portable, le mail de sa secrétaire. Cette fois les choses sérieuses commencent, et je suis repartie de son cabinet avec une liasse de documents, d’ordonnances, et délestée de 140 euros. J’avais oublié qu’en plus de vous bouffer votre temps et votre moral, l’infertilité vous pompait aussi pas mal de sous, du moins dans le privé. Mais je préfère ce suivi personnalisé et bien sûr, cela a un coût. Lundi, prise de sang et échographie donc. Je mitonnerai au boulot en disant que je suis malade le matin. Pas l’idéal, mais je ne veux pas attendre un cycle de plus. En fonction des résultats, Dr Miracle décidera si on fait une coelioscopie ou pas. Il m’a aussi parlé de drilling, mais il est trop tôt pour savoir si ce serait utile dans mon cas.

Cette fois c’est donc parti. La prochaine étape étant de voir à quelle sauce on va être mangés : simple stim, insémination, ou carrément FIV ICSI direct si le spermo de Pacha est vraiment mauvais, comme Dr Miracle (où devrais-je le rebaptiser Dr Rocky, il a un air de Stallone, le botox en moins)  l’a mentionné ?

Mi Rocky Mi Rambo, Dr Miracle ne rigole pas quand il s’agit d’infertilité

C’est bientôt reparti

Contre toute attente, j’ai obtenu un rdv avec Dr Miracle le 10 novembre. Bingo, c’est rapide et en plus un samedi, bien plus pratique qu’un jour de semaine, surtout qu’il parait qu’il a souvent pas mal de retard. Par contre ça veut dire qu’il va falloir que je case les examens et tests à faire dans mon planning et sans faire trop de vagues au boulot. On verra le moment venu.

A part ça, est-ce qu’on pourrait nous lâcher la grappe avec le fait que Meghan a un polichinelle dans le tiroir ? On s’en tape de ses looks de grossesse. Et non, elle ne modernise pas la famille royale d’Angleterre, faut arrêter deux minutes : la meuf ne travaille plus, et elle pond un gniard dans les mois suivant son mariage. Pas franchement nouveau et rock’n’roll. Pensée pour les infertiles en Angleterre qui doivent en entendre à n’en plus pouvoir.

Ca s’en va et ça revient

Ces derniers mois, mes règles ont tendance à jouer à cache-cache façon « coucou j’arrive… ah non en fait pas maintenant, hi hi ». Au delà du fait que pour une infertile, c’est franchement pénible, il y a aussi le côté vraiment pas pratique de ne pas savoir quand la marée rouge aura débarqué pour de bon avec des accès de parano et l’angoisse de la tâche rouge qui rappellent les souvenirs des années collège. Et encore, je suis en pause PMA, donc pas besoin de caler des rdv et des traitements en fonction de ce foutu J1. En plus de cela, mes cycles commencent à rallonger : de 28 jours (des vrais cycles de fertile mais que en apparence of course) à 31 puis 38 pour ce dernier. Ca sent le retour des cycles à rallonge spécial OMPK, comme j’avais avant. Youpi tralala. Ne pouvant pas contacter par téléphone le cabinet du Dr Miracle, j’ai envoyé un email et le secrétariat m’a répondu dans la journée. Je suis donc sur liste d’attente et j’attends qu’on me recontacte pour un rendez-vous. Le Dr Miracle a l’air d’être vraiment très demandé. Début des hostilités pré-PMA encore inconnu donc.

 

La fouine qui attend ses règles

Mais ces dernières semaines ne comptent pas que du négatif. Nous nous sommes donc installés dans une ville du sud et que ça fait du bien d’être back in the city. Les magasins ouverts jusqu’à 21h, le large choix, la population internationale, les musées, j’ai l’impression de revivre. Alors certes mon nouveau poste ne me plait pas tellement au point que je commence à chercher autre chose, Pacha est en recherche d’emploi, l’école de Little Bitch, c’est un peu le bronx même si elle a l’air de bien s’adapter (on réfléchit à la mettre dans le privé l’année prochaine), mais avec beaucoup plus d’opportunités que dans la cambrousse où nous sommes restés pendant 18 mois, ça devrait le faire. Et puis God/la sainte patronne des infertiles/Shiva m’ont entendue et ma responsable est partie en congé patho il y a deux semaines, suivie hier de la DRH en mode PB. Yes, yes, yes !

 

Le traquenard part two

En plus de bosser dans une boîte pleine de femmes enceintes, j’ai la chance (hin hin) d’en croiser des tonnes dans les environs de mon bureau : dans la queue du foodtruck, aux tables à pique nique, dans le bus, elles sont PARTOUT. Je commence à m’inquiéter pour ma santé mentale. Ma responsable, revenue de sa semaine d’arrêt, est sympa mais a des accès de mode PB : caressage de bide, discussions sur ses maux de grossesse, inquiétudes sur la moindre chose qu’elle bouffe. Heureusement, je ne pense pas qu’elle va tenir jusqu’au début officiel de son congé mat et elle partira certainement avant. May God save the Fouine…

J’ai essayé de joindre le cabinet de celui qui semble être le Dr Miracle des infertiles de la Côte d’Azur mais c’est fermé jusqu’au 6 octobre. Ca commence bien… Je ne pense donc pas que nous pourrons relancer les hostilités PMA avant le printemps puisque les délais pour avoir un rendez-vous doivent être très longs. En attendant, je vais essayer de reprendre une vie plus saine : moins d’alcool et de cigarettes, vitamines, reprise du sport (c’est pas gagné vu mon emploi du temps de ministre entre transports, boulot, Little Bitch, démarches administratives).

Le traquenard

1er jour dans mon nouvel emploi. Ma responsable, enceinte, est en arrêt maladie pour 1 semaine, je ne la vois donc pas. Pas de gros bide en vue, ça c’est cool. Sauf que… Tour des bureaux : une est enceinte de jumeaux, et part en congé mat dans deux semaines. Ouf. L’autre est en début de grossesse mais bosse dans un autre service à l’étage du dessous. Bon, ça fait beaucoup de femmes en cloque, mais je ne la verrai pas souvent. Re ouf. Et puis, c’est le drame. Réunion d’information avec la responsable RH qui est, vous l’aurez deviné, enceinte elle aussi, et en plein mode PB, alternant deux gestes, le caressage de bide et le tripotage de bola. Punaise, mais ils mettent quoi dans l’eau, la bouffe, les ordinateurs ? Ils diffusent des phéromones spéciales ou quoi ?! Faites-en moi bénéficier, bordel ! Mon responsable commercial a blagué en disant qu’il y avait peut-être un étalon responsable de cette prolifération de grossesse. Hin hin. Bref, je suis cernée. Au secours, sortez moi de là