Le lâcher prise ou la perte de la naïveté

Je me souviens de mon état d’esprit quand j’ai arrêté la pilule dans l’idée d’avoir un enfant : j’avais une arrière-pensée comme quoi cela mettrait sûrement du temps, tout en faisant des plans. Du genre : ah fuck, si je suis enceinte à Noël, je ne pourrais pas boire mais ce serait pratique pour l’annoncer à toute la famille en même temps. On a prévu des vacances au printemps dans un endroit chaud, il faudra que j’achète un maillot de bain spécial grossesse si je suis enceinte. Je regardais les fringues de grossesse, les soutifs (en trouvant que ça faisait bien mémère), les porte-bébé physiologiques sur internet, réfléchissais aux prénoms, pensais congé maternité. Je ne suis pas allée jusqu’à traîner dans les magasins de puériculture mais je me projetais et j’étais dans les starting blocks.

giphy Là c’est la version mâle de DNLP

Et puis au fil des faux espoirs, des tests de grossesse négatifs, des scrutages de fond de culotte, j’ai fini par laisser au placard enthousiasme et naïveté de fertile. J’ai appris à ne plus rien planifier en fonction d’une hypothétique grossesse, ni à me projeter. Quand j’ai été enceinte, rien ne s’est passé comme je l’avais imaginé : pas de deuxième barre qui s’affiche sur un test pipi (c’était une prise de sang), pas de joie infinie à la découverte de ma grossesse (scepticisme puis peur que quelque chose tourne mal), je n’ai acheté que 2 pantalons de grossesse sans grand plaisir et ayant un petit bide j’ai fait avec mes fringues normales pour le reste, et achats pour bébé 3 semaines avant terme en me traînant péniblement chez l’ami suédois. Le Pacha quant à lui était déçu de constater que ma petite poitrine n’avait quasiment pas grossi et criait à l’arnaque (Remboursez ! Remboursez ! ) Je pense que l’infertilité fait perdre une certaine innocence, et pour un certain nombre amène un coté blasé qui cache la peur de se faire avoir par DNLP encore une fois. J’ai toujours eu un fond cynique, c’est vrai, et trouvé les annonces de grossesse avec mises en scène assez ridicules. Je ne me suis jamais extasiée et roulée par terre de joie à l’annonce d’une grossesse. Les baby shower m’ont toujours filé des boutons (et je ne parle pas des horrifiantes gender reveal party). Peut-être donc que l’infertilité a juste renforcé ce coté bourrin anti-paillettes. Meme si j’espère vaguement un gertrudage dans les mois qui viennent sans trop y croire, cette fois-ci je ne planifie rien et je ne me projette pas. Ou plutôt je me projette en PMA en essayant de voir comment je vais caser ça dans mon emploi du temps. Avant, encore faut-il qu’on stabilise notre situation financière et professionnelle périlleuse. Et autant j’ai appris par la force des choses à lâcher prise sur la fertilité de mon couple, autant sur le fait de trouver un emploi stable, comment dire, je suis plutôt comme ça : giphy-downsized (2)

Et vous c’est pour quand ? Round 2

Après avoir réussi tant bien que mal à procréer, on s’est dit qu’on serait tranquilles rapport aux remarques des uns et des autres sur notre nulliparité (comment ça ce mot n’existe pas?!) On a été un peu concons et naïfs, sur ce coup-là. Il y a bien eu quelques mois de tranquillité après la naissance de Little Bitch, mais tante Yvette a vite refait surface. Qui est tante Yvette ? La représentante des gens en général, ceux qui savent mieux que toi ce qui est bien, ce qu’il faut faire, les auteurs des différentes âneries souvent entendues par les infertiles, les pseudo-médecins/psychologues, les indiscrets, les indélicats, les goujats. Tante Yvette, ça peut être un-e ami (e), un-e membre de la famille, un-e vague connaissance,  voir même un-e parfait (e) inconnu (e). Tante Yvette n’a pas de genre, et peut être homme ou femme. Elle te donne envie de faire ça : giphy-downsized (3)

Mais bien sur tu fais ça à la place : giphy-downsized (2)

Donc pour nous, tante Yvette refait surface régulièrement depuis 1 an environ. « Et le deuxième, c’est pour quand », « Dis donc tu ne rajeunis pas, faudrait peut-être faire un deuxième » « On attend aussi des bonnes nouvelles de votre coté, wink wink » « Elle ne va pas rester enfant unique quand même » « Vous allez bien tenter le garçon » Le genre de truc que tu ne veux déjà pas entendre quand tu es fertile, et encore moins quand tu es infertile. Pour l’instant j’encaisse plutôt bien, l’esprit distrait par des préoccupations plus urgentes, mais une fois partie dans les examens et traitements PMA, je risque de ne plus répondre de rien #jetemmerdeYvette

Les dents de la discorde

Mes dents et moi, c’est une longue histoire faite de hauts mais surtout de très bas. J’ai la malchance d’avoir hérité du gène des dents pourries. Merci Maman, merci Grand-Maman, merci la vie. Malgré un traitement d’orthodontie de 12 à 15 ans, interrompu certainement trop tôt pour cause de mort subite de l’orthodontiste (j’ai du lui filer ma scoumoune), je me suis retrouvée à 20 ans avec des dents de traviole. Ayant développé une quasi phobie du dentiste suite à de mauvaises expériences, et étant en plus une étudiante sans le sou, j’ai évité le dentiste pendant plusieurs années, même après qu’une de mes dents se soit cassée suite à l’ingestion d’un Big Mac (ça m’apprendra à bouffer de la junk food) J’étais complexée par mes dents bien sur, mais ce n’est qu’après avoir rencontré le Pacha que j’ai décidé de commencer à prendre les choses en main et de surmonter ma phobie. J’ai pris une bonne mutuelle, et je suis allée consulter une dentiste française (je vivais à Londres, et mon expérience avec un dentiste du cru s’est révélée assez catastrophique). Après m’avoir annoncé que c’était un gros chantier (sans déc), j’ai quand même pu faire le plus urgent : soigner les caries, détartrage, deux dévitalisations et deux couronnes. Je me suis ensuite fait arracher les 4 dents de sagesse d’un coup sous anesthésie générale (je n’aurais jamais pu sous anesthésie locale). Le chirurgien m’a dit qu’il avait vraiment galéré pour les enlever (#dieumercijedormais). J’avais toujours des dents aussi moches, mais au moins elles étaient saines et caries-free. Je suis ensuite partie vivre dans un autre pays, appelons-le BazarLand, où les soins dentaires sont bien moins chers. Le temps de s’installer toussa toussa, je n’ai pas vu de dentiste pendant 18 mois. Grosse, grosse erreur. Malgré un brossage scrupuleux et le fil dentaire tous les soirs, de nouveau une grosse carie demandant dévitalisation, pendant laquelle j’étais à deux doigts de m’évanouir. Etant enfin dans une situation financière stable, je décide de me lancer dans un traitement d’orthodontie pour enfin pouvoir sourire la bouche ouverte (parce que le sourire la bouche fermée, parfois ça donne l’air con et coincée). Je savais que j’étais infertile quand je me suis lancée, et je crois que c’était aussi un moyen de me focaliser sur autre chose, et à défaut de traiter mes ovaires, je pouvais au moins m’occuper de mes chicots. Pour une fois, je n’ai pas trop galéré, et le traitement s’est avéré moins long et moins pénible que prévu. J’avais des bagues en céramique, et un certain nombre de personnes ne les remarquaient même pas. On m’a tout enlevé à 8 mois de grossesse (je suis tombée enceinte pendant), et j’ai gardé les bagues 1 an en tout. A l’arrivée : pas le sourire parfait façon Hollywood, mais des dents plutôt bien alignées et c’est ce que je demandais. Je pensais que c’était la fin des galères (surtout que je vais maintenant chez le dentiste tous les 6 mois vu la vitesse à laquelle les caries s’installent sur mes dents) mais non : après mon arrivée en France, les deux couronnes qu’on m’avait posées quelques années avant sont tombées à quelques semaines d’intervalle, il a fallu arracher une des molaires (heureusement que mon frère interne en médecine m’avait fait une ordonnance de valium, par sécurité pour la dentiste avant tout, sinon j’aurais pu l’éborgner avec sa pince et sa fraise) et je ne suis pas sure de pouvoir garder l’autre. J’ai du faire dévitaliser une autre dent (j’ai failli m’évanouir épisode 2) que je vais peut-être devoir faire arracher si l’infection à la racine ne se résorbe pas. DNLP version dentaire. Heureusement que ma nouvelle dentiste est top : gentille, douce, expliquant tout, compétente. Meme quand elle m’a dit que d’habitude elle ne voyait ce problème de racines calcifiées que chez les personnes âgées, je ne lui en ai pas voulu. Faut dire que j’étais un peu shootée à l’anesthésiant : elle a aussi cet avantage de prendre mon problème de résistance à l’anesthésie au sérieux (la péridurale n’a fonctionné pour moi qu’à la 3ème dose, et encore au bout d’1h30 ses effets ont commencé à diminuer… récit d’accouchement à venir) et me met la dose maxi dès le début. J’en suis donc à : deux dents que je vais peut-être devoir faire arracher malgré les soins (prières à la déesse de la dentition parfaite, cette bitch qui ne m’a jamais rendu visite) et une dent arrachée, heureusement une molaire, mais que je vais bien devoir faire remplacer par un implant si je ne veux pas que mes chicots à peu près alignés à grands frais rebougent.

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Pour me consoler, je me dis qu’à défaut de sourire hollywoodien et de fertilité au top, j’ai au moins une vue parfaite et des yeux de fouine lynx.

 

De l’envie d’hiberner

Il y a des jours où rien ne se passe comme prévu, des journées pourries. Le problème, c’est quand la journée pourrie devient une semaine pourrie, puis un mois, puis des mois. C’est un peu mon cas, et j’aimerais bien hiberner pour me réveiller dans quelques mois dans une situation où tout va bien (parce que bon, si c’est pour se réveiller dans un monde post guerre atomique où Trump et Kim Jong-un auraient tout dégommé à coup d’armes nucléaires, je ne vois pas l’intérêt). Oui j’ai la chance immense d’avoir ma fille. Non aucun de mes proches n’est gravement malade. Bien sur je fais partie d’une minorité chanceuse de l’humanité qui bénéficie de conditions de vie plutôt agréables. Mais j’ai l’impression de me débattre dans une vie qui ne me satisfait pas depuis quelques mois avec une incertitude continue. Il y a le fait que me retrouver à la campagne me déprime un peu. Et surtout, après des mois sans emploi, le Pacha avait enfin trouvé un job, tout près de chez nous, et avec une promesse d’embauche en CDI après un premier mois en intérim pour voir s’il ferait l’affaire. Gros soulagement, puisque mon salaire suffit à peine à nous faire vivre, et que les fins de mois étaient de plus en plus difficiles malgré la suppression de toutes les dépenses superflues. On s’est dit que c’était le bout du tunnel et qu’on pourrait enfin commencer à épargner, à faire des projets dont celui de peut-être déménager pour s’installer dans un coin qui nous correspond plus. Seulement voilà, après les 3 premières semaines où les employeurs étaient pleinement satisfaits, revirement soudain et incompréhensible : des critiques, des remarques négatives, et puis non renouvellement du contrat et fin brutale. La nana de l’agence de recrutement n’en revenait pas et n’avait jamais vu ça. Pacha étant étranger et n’ayant travaillé qu’un mois, il n’a droit à aucune aide financière. Cela fait plus d’un an qu’on galère, on savait que l’arrivée en France serait dure mais pas à ce point-là. Je suis fatiguée de ce stress continu, de devoir compter le moindre sou, et je culpabilise de ne pas pouvoir offrir des vacances, des activités à ma fille (et à nous par la même occasion). Je ne me souviens même plus du dernier fou rire que j’ai eu. Je voudrais pouvoir poser ce poids énorme que je porte sur mes épaules et retrouver la Fouine marrante et déconneuse d’avant. En plus, nous n’avons pas d’amis dans la région, et pour l’instant impossible d’aller se faire un week-end à Paname avec les potes. Reste le téléphone, mais je n’ai pas envie d’envoyer trop de vibes négatives et de trop chouiner sur ma situation. C’est une chose de pleurnicher en face à face après plusieurs bouteilles verres d’alcool, s’en est une autre par message ou au tél.

J’ai toujours été du style pigeon voyageur, et le trip mariage-maison-enfant me filait des angoisses. Encore maintenant, le fait d’être propriétaire ne me dit rien – au moins en location, tu peux te barrer rapidement, quand l’envie te prend et quand une opportunité se présente. Mais je ressens vraiment l’envie de me poser (après 11 ans d’aventures diverses et variées) et d’avoir une petite vie pépère, pour un temps en tout cas. Alors oui, j’essaie de positiver, je me dis que ça va finir par s’arranger, que le pire meilleur est devant nous. Mais là, je suis dans une semaine particulièrement difficile. Et ça fait du bien de l’écrire. Alors un gros fuuuuuuucckkkk. En espérant que ça ira mieux demain. Ou après-demain. Ou bientôt. Après deux annus horribilis, j’espère que 2018 signera la fin de la loose (et si ça pouvait aussi nous apporter la fertilité…).

Du 6ème sens – le radar à femmes enceintes

Je n’ai jamais été du genre intuitive : je n’ai pas deviné que j’étais enceinte jusqu’à ma prise de sang positive (et encore, j’avais du mal à y croire), je n’avais aucun ressenti sur le sexe, je n’ai jamais eu de pressentiments, quel que soit le sujet. Je plane et je suis souvent la dernière au courant des potins. Quand une personne ne va pas bien par exemple, je ne le remarque parfois pas (ce qui me fait passer pour insensible). Par contre il y a un point sur lequel j’ai un pif d’enfer : les femmes enceintes. Là, mon surnom de fouine prend tout son sens. J’étais déjà comme ça avant d’apprendre que j’étais infertile. A savoir que j’ai un véritable preggodar (terme inventé à partir de preggo, enceinte en anglais, et radar) qui me permet de détecter très vite quelle nana est en cloque. Bien sur, mon preggodar est devenu encore plus sensible depuis mes difficultés. Certes, il y a des femmes pas très discrètes (celles qui se caressent le bide, qui refusent le verre d’alcool en gloussant et en regardant le conjoint d’un air entendu #PB). Mais jusqu’à maintenant, j’ai détecté la majorité des grossesses de mon entourage avant qu’elles ne soient annoncées (sauf la plupart de celles où je n’avais pas vu la personne, mon preggodar a des limites). En fait c’est comme un sentiment diffus qui me fait dire « mais elle ne serait pas enceinte, dis donc » A partir de là, j’espionne la suspecte : alcool, comportement, bide, nausées/vomissements, tournure des phrases. Cela m’a permis de garder la face lors des annonces de grossesse : j’avais eu un peu de temps pour m’y préparer. Et j’en ai eu des annonces depuis que j’ai commencé les essais pour avoir un enfant en 2013, faisant partie d’une famille nombreuse d’hyperfertiles. Si je n’avais pas les blogs de PMA, j’aurais l’impression que Pacha et moi sommes parmi les seuls loosers de ce coté là. Maintenant que j’ai la chance d’avoir eu ma fille, les annonces sont moins dures à encaisser (même si j’ai toujours un pincement au cœur), mais ça ne m’empêche pas de continuer à fouiner pour voir qui sera la prochaine. J’ai récemment débusqué : une collègue, la femme du voisin, une cousine, une amie de ma sœur, ma prof de yoga. Joli score non ?

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De l’idée de faire un deuxième

Je savais dès le départ que si j’avais un enfant, je voudrais certainement un deuxième. Les mois suivants la naissance de Little Bitch, j’ai repris la pilule sur les conseils de Dr VIP. Les suites de l’accouchement n’ont pas été super faciles (on en parle des hémorroïdes ? Non parce qu’il semble qu’on m’ait caché certaines choses en disant « c’est que du bonheur »), et j’étais défoncée par la fatigue les mois suivants. Je ne voulais pas prendre le risque d’un gertrudage. Et puis j’ai commencé à ressentir une certaine nostalgie face à la grossesse, et même une certaine jalousie face aux PB de mon entourage. Mais notre situation était incertaine, de gros changements s’annonçaient, alors pas question de faire n’importe quoi. J’ai arrêté la pilule en août 2016, ne la supportant plus : j’avais des migraines ophtalmiques et des problèmes intestinaux (glamour quand tu nous tiens) sans parler d’une libido en berne. Je me suis sentie beaucoup mieux sans. En septembre, après 11 ans à l’étranger, direction la France. Chez Papa et Maman (#Tanguy) avec mari et enfant le temps de trouver du boulot, ce qui a pris plusieurs mois. Niveau contraception, c’était donc capotes, et parfois le retrait, Monsieur aimant sortir à découvert. Oui je sais que ce n’est pas une méthode fiable, mais en même temps vu notre niveau de fertilité, le risque était très faible. En mai, je trouve du boulot, pas à l’endroit espéré, mais n’ayant rien d’autre en vue et voulant emménager dans notre propre appart ASAP, on ne fait pas la fine bouche. Nous voilà donc à la campagne, nous les rats des villes ayant toujours vécu dans des grosses capitales (la dernière comptabilisant 18 millions d’habitants). En meme temps ça fait du bien d’etre un peu beaucoup au calme… Et là, on se dit qu’on ne rajeunit pas, qu’on n’est pas des champions de la procréation, et qu’on devrait peut-être stopper toute contraception et voir ce que cela donne. Certes Pacha est en recherche d’emploi, on n’est pas surs de vouloir rester dans le coin, mais c’est la France : le suivi et l’accouchement sont pris en charge par la sécu, les modes de garde sont relativement peu chers, il y a un congé mat (dans notre ancien pays de résidence, ce n’était rien de tout ça, et même avec notre mutuelle en béton, on avait raqué) et nous sommes des adeptes des vide-grenier et du bon coin. Ca s’est donc décidé et depuis juin nous sommes officiellement « en essai bb2 » comme on dit sur les forums. Depuis l’arrêt de ma pilule il y a un an, j’ai des cycles à peu près réguliers de 29 à 31 jours. Il semblerait même que j’ovule : chose dingue, j’ai fait un test d’ovulation Clearblue (#jesuisunedinde) le cycle dernier qui m’a affiché direct une fertilité maximale. Méfiante, j’en ai refait un 3 jours après, et une fertilité faible s’est affichée. Donc a priori, j’ovule. Ce qui ne veut pas dire que je sois fertile pour autant (ni le Pacha). Pour le savoir , il faudrait qu’on fasse des examens. Le gynéco que j’ai vu ici en août m’a dit qu’on pouvait lancer les tests en revenant le voir quand on l’aurait décidé mais qu’à son avis je serais enceinte « d’ici le printemps prochain ». On se demande bien comment il peut le savoir… Le gars m’inspire moyennement confiance. Bref, habitant dans la cambrousse avec le centre PMA le plus proche à plus d’1h de route de chez nous, je ne suis pas top motivée pour lancer la machine pour l’instant. D’autant plus qu’avec Pacha au chômage et mon salaire de misère, notre situation n’est pas des plus idéales. On se laisse donc jusqu’à l’été prochain, en espérant que mes cycles ne vont pas rallonger d’ici là. En attendant, je vais voir un excellent ostéopathe/acupuncteur qui me soulage de mon stress chronique et de mes angoisses. Par contre, je ne prends pas l’acide folique prescrit par gynéco vous-serez-vite-enceinte. Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces.

De mon parcours express en PMA

Je suis mère d’une fille de 2 ans et demi, Little Bitch. Pour l’avoir, je suis passée par quelques péripéties. Mon parcours est court à l’échelle des infertiles (1 an), long à l’échelle des super fertiles. Je réalise la chance que j’ai d’avoir finalement très peu attendu sur le quai, et d’avoir échappé aux fausse couches, GEU, trop souvent le lot des pmettes. C’est parti pour un résumé :

  • Juillet 2013 : arrêt de la pilule. La Fouine et la Pacha se décident enfin à être parents, après des années de mariage. Ils ont longtemps pensé ne pas vouloir d’enfants, et puis ça leur a pris comme une envie de pisser d’un coup.
  • Août 2013 : dans la famille de la Fouine, on est du genre super fertiles. D’ailleurs la Fouine flippait au moindre retard de règles. Chose qui va s’avérer assez ironique. Bref, C1 se termine avec l’arrivée des règles, c’est normal, faut du temps pour que tout se remette en route.
  • Décembre 2013 : cool, la Fouine peut picoler tout ce qu’elle veut, les règles débarquent juste avant Noël. Une des cousines annonce sa grossesse en fanfare et en grand comité. Premier pincement au cœur, mais faut pas déconner, on n’essaie que depuis 5 mois, je ne vais pas me transformer en dinde aigrie (et hop, on se ressert un petit coup de Tariquet)
  • Février 2014 : la sœur du Pacha annonce sa grossesse, hystérie générale dans la belle-famille. La Fouine encaisse et fait semblant d’être contente (#jemériteunoscar)
  • Mars 2014 : 5 jours de retard et 1er test de grossesse négatif. Deuxième test négatif encore 1 semaine après.
  • Avril 2014 : finalement, le cycle se termine et aura duré 45 jours. Ça doit être parce que la Fouine y pense trop.
  • Mai 2014 : encore du retard, et encore un test négatif. Suivi d’un deuxième et d’un troisième. What the fucking fuck ?! RDV chez Dr VIP, gynéco des quartiers chics
  • Juin 2014 : l’écho révèle des ovaires micropolykystiques, d’où les cycles à rallonge. Prise de Duphaston pour déclencher les règles. Pacha fait un spermo, se plaint de la mauvaise qualité des magazines de c*l mis à sa disposition. Résultats très mauvais, il est OATS. Dr VIP commence à parler IAC et FIV.
  • Juillet 2014 : Prise de Clomid. Résultat nul, ça ne stimule rien du tout. Dr VIP décide d’enchaîner directement avec une stimulation simple avec injections de Puregon. Au moins il ne perd pas de temps, mais la Fouine ne sait plus trop où elle en est et n’est pas sure du tout de vouloir se lancer tout de suite en PMA. On y va quand même pour la stim, mais après on arrête tout pour un moment. Les échos endo-chattales révèlent qu’un beau petit follicule se prépare, déclenchement avec Ovitrelle, et séances de poney. La Fouine n’y croit pas vraiment.
  • Août 2014 : Vêlage de la belle-sœur. L’hystérie est à son comble. Heureusement, la Fouine a prévu un week-end entre copines à la plage, et c’est le lâchage total clopes, alcool et fous rires. De retour, spotting et douleurs à la date prévue des règles. Comme prévu, cela n’a pas fonctionné. Deux jours après, plus rien. Ce doit être les effets secondaires de la stim. Une semaine après, toujours pas de règles : la Fouine commence à se dire « et si… » tout en craignant la grosse claque. Encore 2 jours de plus et direction le labo pour une prise de sang : au moins on sera fixés. Appel de Dr VIP l’après-midi : «  Félicitations, vous êtes enceinte » P*tain, incroyable !
  • Octobre 2014 : 1ère écho. Tout va bien, un cœur qui bat. La Fouine et Pacha commencent à y croire.
  • Novembre 2014 : c’est une fille !
  • Avril 2015 : après une grossesse relativement relax, hors la suspicion de pre-éclampsie qui s’est révélée être une fausse alerte, naissance 10 jours avant terme de Little Bitch, mini bébé de 2,2kg

Pendant ce parcours, je vivais à l’étranger, avec une prise en charge différente de la France. Dans le pays en question, la PMA n’est pas du tout remboursée, d’où ma réticence à entamer un parcours et mes sueurs froides en pensant à ce qu’une FIV allait nous coûter (en plus d’un protocole bien plus contraignant qu’une stim simple). Au prochain épisode : en avant pour un deuxième.