Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon dieu ?

La semaine à venir ne préfigurait rien de bon quand j’ai reçu un texto de Dr VIP dimanche soir pour me dire qu’il avait fait une erreur sur le dosage sur mon ordonnance de Decapeptyl. Il va donc falloir que je repasse à son cabinet alors que j’ai déjà une semaine bien chargée. Lundi, message de ma banque pour m’informer que ma carte bleue est bloquée car je suis à découvert : forcément, je n’ai toujours pas reçu mes indemnités journalières suite à mon arrêt maladie de 10 jours et pas non plus le remboursement de ma mutuelle suite aux dépassements d’honoraires de mon opération (plus de 600 balles). Sauf que les factures et le loyer n’attendent pas, eux. Pacha n’ayant pas un rond non plus, on a dû faire les courses pour la semaine avec quelques tickets restaus et un billet de 10 euros pris dans notre tirelire. J’ai utilisé les 3 euros qui me restaient pour payer un tour de manège à Little Bitch. Mercredi, la baby sitter qui devait la déposer le matin à la garderie m’appelle pour me dire qu’elle n’est pas sur la liste. Je parle à l’économe qui me dit que Little Bitch  n’est inscrite qu’à partir du 27. Impossible pour moi de quitter le boulot, et pour Pacha non plus. Résultat : 100 balles de frais de baby sitting pour la journée, payés avec les dernières économies qui nous restaient. Dans la foulée, petits cris hystériques à la machine à café au bureau : une nana vient d’annoncer sa grossesse. La veille, j’avais déjà eu droit sur Facebook aux photos du nouveau né d’un pote de mon frère et des 150 commentaires allant avec. Le soir Pacha est coincé au boulot et je dois donc partir plus tôt pour récupérer ma fille. Je me rends compte que je n’ai pas mes clés puisque je les ai laissé à la baby sitter le matin et que Pacha a l’autre trousseau. Me voilà à essayer de les choper depuis la fente de la boite aux lettre où elle les a laissé. Echec total, et j’ai bien failli rester coincée. Après un tour chez Picard pour utiliser mes deux derniers tickets restaus, on fait le pied de grue avec Little Bitch devant l’immeuble pour attendre le retour de son père. Elle s’assoit par terre, en plein dans une crotte de chien. Jeudi matin, je me réveille la tronche pleine de boutons. La crise d’acné prémenstruelle est in da house. Le soir, je fais un doigt d’honneur aux gilets jaunes qui bloquent un rond-point, occasionnant un temps de trajet allongé d’une bonne demie-heure. Ma carte bleue n’est toujours pas débloquée.

J’ai des envies d’hibernation prolongée.

La suite au prochain épisode, en espérant qu’on n’aille pas jusqu’à la saison 9 épisode 23.

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Le rdv post-drilling

RDV de bilan post-drilling hier avec Dr VIP. Le col, qui était en état inflammatoire permanent avant l’opération, cicatrise bien après la cautérisation. Cela n’a pas été super agréable quand il m’a enlevé les points de suture, surtout ceux du nombril – les fils étaient sensés être résorbables mais faut croire que DNLP aime bien m’emmerder. Il a insisté pour me dire que je ne garderai aucune trace des cicatrices. J’avais envie de lui dire que je m’en foutais pas mal, je ne suis jamais le bide à l’air même à la plage où je suis en une pièce et pas en bikini, ayant de toute façon toujours eu un ventre moche et mou ( je pourrai blâmer la grossesse, dire qu’être mère vaut bien le sacrifice de son ventre plat mais ce serait mentir – j’ai des bourrelets depuis l’adolescence). Dr VIP m’avait fait une ordonnance pour une crème anti-rides à mettre sur les cicatrices, vendue dans une clinique esthétique proche de son cabinet, mais à 50 balles le pot, j’ai décidé de faire l’impasse car quelques balafres ne changeraient pas grand chose à cette zone de toute façon peu ragoutante à la base et puis après tout ce n’est pas à moi de financer les vacances aux Caraïbes de ses collègues.

Bref, avec Dr VIP les choses ne trainent pas : j’attaque direct sur un traitement de diverses vitamines, une prise de sang à J2 pour contrôler les hormones, une injection de Decapeptyl et en avril, une stim simple. Les dosages dépendront des résultats de la pds. J’attends maintenant mes règles pour le week-end prochain. L’effet cool du drilling, c’est que je ne les ai pas eu depuis le 5 janvier, en gros j’ai sauté un cycle. Je ne sais pas trop quoi attendre de cette stim. Pour être tout à fait honnête, je ne m’attends pas à grand chose, et plus le temps passe plus j’ai du mal à imaginer un 2ème enfant. Pourtant, je fais partie des cas plutôt simples de la PMA, je ne suis même pas en FIV. Je me laisse porter par les instructions de Dr VIP mais on ne peut pas dire que je sois à fond. Peut-être aussi les effets de l’incertitude quant à notre avenir ici, Pacha n’ayant toujours pas trouvé d’emploi stable correspondant à ses compétences; s’il n’a toujours rien cet été, il va falloir qu’on reconsidère sérieusement notre avenir en France.

Mauvais signal

Ces dernières semaines, je dois envoyer le mauvais signal, celui d’une meuf en cloque, l’inverse de ma situation d’infertile.

  • La femme de l’accueil du labo lors de prise de sang pré opératoire : « Donc vous êtes enceinte, c’est bien ça ? » LOL
  • A la pharmacie, en achetant mon medoc anti-diarrhée : « Ah mais par contre madame, c’est contre indiqué en cas de grossesse ». Re LOL
  • Suite à ma visite sur le site de Verbaudet pour acheter un cadeau de naissance (faut bien…), je reçois un email de pub : « Faites votre liste de naissance et partagez-là avec vos proches ». Re re LOL. Tout ce que je partage avec mes proches, c’est mes stims foireuses et mes suites opératoires de merde.
  • Et le bouquet final, ma belle-soeur qui dit à Pacha hier au téléphone : « Alors, vous allez bientôt nous annoncer une bonne nouvelle ?! »

Suites galères

Jeudi, j’ai donc eu le grand honneur de passer sous le bistouri de Dr VIP pour une coelioscopie, hystéroscopie et drilling ovarien (à vos souhaits). La journée a commencé avec la baby-sitter malade qui a annulé au dernier moment. Comme à 3 ans, même notre génie de fille est trop jeune pour se lever et aller seule à l’école, Pacha est resté et j’ai pris un Uber (vive la ville). A la clinique, je patiente pour m’enregistrer dans le hall tout en marbre en me posant deux questions :

  • 1. Cette affaire là risque de me coûter un bras, comment je vais faire
  • 2. Mais pourquoi je me suis assise en face de la porte de la maternité

Je n’ai finalement pas trop eu le temps de cogiter et tout est allé très vite : l’installation dans la chambre, la mise en tenue de combat, la descente au bloc. Dr VIP et son anesthésiste m’accueillent, tout sourire. Ensuite, ce fut…moins fun. Réveil grelottante de froid, j’entends les infirmières qui disent que mes saignements en continu ne sont pas normaux et qu’il faut vite appeler Dr VIP. On me tourne pour me nettoyer et changer le drap, on me dit qu’on me redescend au bloc pour m’examiner. Re coucou Dr VIP et anesthésiste, on m’installe en position gynéco, j’ai envie de faire pipi et il fait si froid au bloc que je me demande comment ils peuvent être en manches courtes. C’est reparti pour une petite anesthésie générale. De nouveau un réveil pénible où je me caille, la fille d’à côté qui gémit de douleur et une terrible envie de pisser. On m’amène un bassin #adieudignité Cette fois ça ne saigne plus et on me ramène dans ma chambre où je fais un malaise vagal au bout de quelques minutes. J’ai soif, j’ai terriblement envie de faire pipi en permanence, je commence à regretter cette opération. Pacha débarque, puis repart pour aller chercher Little Bitch à l’école. 18h30, Dr VIP arrive enfin pour le debrief de l’opération : tout s’est bien passé, les saignements étaient dus aux pinces qu’il a placées sur le col et qui l’ont irrité. La cavité utérine est nickel, les trompes aussi. Youhou, je commence à me réjouir malgré mon état comateux. Grosse erreur, DNLP m’a prise en traitre : il a trouvé de l’endométriose, certes superficielle, mais assez étendue, et quelques adhérences. Non mais WTF ?! Il a tout nettoyé, et j’ai maintenant un utérus et des ovaires nickels, qu’il me dit, content de lui. Moi tout ce que je retiens, c’est endométriose.

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Bref, pas le temps de trop s’apitoyer, faut rentrer et Little  Bitch s’impatiente. Je me couche direct car j’ai mal. Et cette envie de pisser permanente alors que quelques gouttes sortent seulement. N’y tenant plus, je finis par me trainer jusqu’aux toilettes pour enlever la mèche que Dr VIP m’avait mise avec instructions de la garder jusqu’au lendemain. Sauf que je la soupçonne d’être à l’origine de cette situation crise pipi et que je ne peux pas passe la nuit comme ça. Verdict : effectivement, une fois la mèche enlevée, gros pipi et gros soulagement. Les 3 jours suivants furent durs, impossibilité de me lever, grosses douleurs dans les épaules. Soit-disant le gaz se dissipe au bout de 24h ou 48h, mon cul ! Je douille encore. Si bien que j’ai revu Dr VIP ce matin, surtout à cause des saignements. Nettoyage de col au Dakin, re mèche à garder jusqu’à demain (moui, on verra) et arrêt de travail prolongé d’une semaine. C’est au boulot qu’ils vont être contents, sachant que je ne suis dans la boite que depuis septembre et que je suis censée partir à l’étranger la semaine prochaine pour des réunions de travail… Je vais essayer de profiter de cette semaine pour me reposer mais je cogite pas mal. Au moins j’aurai le temps de m’occuper de Little Bitch et de passer du temps avec elle.

La bataille de l’école – Les joies d’être parent vol. 7

Avec notre emménagement express à Sun City en septembre dernier, nous n’avons pas eu le temps de faire des recherches sur les écoles et nous avons paré au plus simple et au plus pressé : Little Bitch va donc à l’école publique du quartier. On pensait naïvement qu’en maternelle, ça n’avait pas grande importance et que si la maîtresse était gentille, ça roulerait. Mais on s’est vite rendus compte qu’elle était dans une des pires écoles de la ville, ayant une mauvaise réputation. Organisation foireuse, zéro communication avec les parents, néant niveau activités, grèves à répétition, il s’agit en fait plus d’une garderie où les enfants se débrouillent que d’une école. Nous l’avons récupérée plus d’une fois avec les chaussures à l’envers et complètement décoiffée. Heureusement, elle ne se plaint pas et la maîtresse semble ok, alors on la laisse là jusqu’à l’été. Par contre l’année prochaine, c’est direction le privé. Et là, la bataille commence. On nous a parlé de 3 écoles privées qui sont bien, et pas loin de chez nous. Le prix est acceptable. Dès l’ouverture des inscriptions en janvier, j’étais donc au taquet dans la 1ère, notre favorite. Longue queue au secrétariat, parents avec des dossiers épais comme le bras et sûrs du génie de leur lardon, je me suis dit que ça allait être plus compliqué que prévu. La dame très gentille m’explique que si tous les élèves actuels de petite section restent dans l’école à la rentrée prochaine, ils n’auront plus de places pour la moyenne section. Je lui demande comment sont choisis les élèves en cas de places qui se libèrent, elle me dit que c’est sur dossier et me conseille de leur envoyer l’évaluation de Little Bitch ou une lettre de sa maîtresse actuelle quand je les recevrai. Les gamins sont en petite section et on en est déjà à parler d’évaluation… Je devrais savoir en mars si elle est acceptée. Voyant que l’affaire était mal partie, je suis allée retirer un dossier d’inscription dans la 2ème école recommandée par ma voisine. Pas de queue là-bas, j’ai rempli un dossier assez simple et je n’ai plus qu’à aller le déposer. On a failli s’évanouir en voyant les prix de la cantine (ils leur font bouffer du homard tous les jours, il semblerait), mais il y a une possibilité de bourse. Tant qu’à faire et sur ma lancée, je me suis renseignée sur la 3ème école : dossier d’inscription téléchargeable en ligne pour la petite section, et là je vois que suite au nombre de demandes, toutes les inscriptions sont clôturées. Punaise, c’est pire qu’Harvard. Pour la moyenne section, il faut attendre mars avant de demander un dossier, ça dépendra des éventuelles places disponibles. Naïvement encore une fois, je ne pensais pas que ce serait un tel challenge pour essayer d’inscrire Little Bitch en maternelle dans le privé. Oui il y a des bonnes écoles publiques aussi, mais obtenir une dérogation pour la carte scolaire est super galère. Je n’ai aucune envie qu’elle continue l’année prochaine dans la même école. Reste plus qu’à attendre les réponses…

Ca va driller

Rendez-vous du soir avec Dr VIP, 1h30 d’attente, et ensuite 1h de rendez-vous et un frottis. J’avais faim et mon ventre gargouillait, mais soit il n’a rien entendu soit il a eu la politesse de faire semblant. Il confirme que Pacha a un sperme de champion. J’ai halluciné quand il a ajouté qu’il avait rarement vu un sperme d’aussi bonne qualité. Comment est-il passé d’OATS à star du zozo, je n’en sais rien. Certes le mauvais spermo date d’il y a 4 ans, mais tout de même. Je n’ai pas de conseils à vous donner, il n’a pas fait grand chose pour améliorer sa précieuse semence : il continue à fumer, ne prend pas de vitamines. C’est vrai qu’il a quitté une capitale polluée pour la campagne et qu’il mange moins de junk food. M’enfin, cela m’étonnerait que cela explique cette amélioration spectaculaire. Pour ma part, je vais avoir droit à une coelioscopie et à un drilling ovarien car je n’ovule pas et j’ai 45 micro-kystes. Shit. Pachaland:  1 point, France : 0 point (façon Eurovision) Opération le 24  janvier. Vive le privé pour sa rapidité, mais j’ai un peu peur des dépassements d’honoraires… Deux ou trois mois après l’opération, on retentera les stims simples. Dr VIP a bien mentionné que les cas de grossesse spontanée n’étaient pas rares après un drilling, mais on ne me la fait plus. Ca fait longtemps que je ne crois plus au gertrudage. Et je m’estime heureuse si j’arrive à être en cloque qu’avec une stim.

 

Dommage que ce ne soit pas Dr Mamour qui m’opère…

JALC

Après les RALC, voici les JALC dont on a pas mal parlé dans les médias ces derniers temps : les Jobs A La Con (rien à voir avec l’infertilité donc). Je fais mon coming out, j’ai un JALC. Un boulot qui clairement n’est pas d’utilité publique, pas indispensable et n’améliore pas la société. Pourtant je l’aime bien au fond mais ces derniers temps, étant dans une BALC (une Boite A La Con), je me pose pas mal de questions. Devrais-je changer de voie ? Qu’est-ce que j’ai vraiment envie de faire ? Le problème c’est que je n’ai pas de réponse claire à cette question : je n’ai pas de passion en particulier, je ne suis pas manuelle, la campagne me gonfle (pas de lancement de ferme bio dans la Creuse donc), je ne fais pas partie de ces filles stylées qui se reconvertissent en influenceuses (je suis plutôt Gastonne Lagaffe, qui se balade avec sa jupe coincée dans la culotte et du dentifrice dans les cheveux), bref je ne vois pas vraiment ce qui pourrait me plaire. En plus je n’ai ni économies ni mari gagnant bien sa vie qui me permettraient de n’avoir aucun revenu le temps de changer de voie. J’ai donc décidé de ne pas me reconvertir mais plutôt de chercher un autre boulot, et dans un secteur qui me plaît et m’intéresse un minimum – ce qui est loin d’être le cas de l’actuel. Je suis donc en recherche une fois de plus. En espérant bientôt avoir un job où je me sente bien. Alors certes, je suis en CDI, avec un salaire pas trop mal et une bonne mutuelle, je vais certainement bientôt me lancer dans un traitement PMA donc changer de job n’est pas une chose très raisonnable, mais je sens que c’est la bonne décision. Et je ne veux pas laisser l’infertilité envahir ma vie, et rester coincée dans un boulot que je n’aime pas dans l’éventualité que peut-être je serai enceinte dans quelques mois. On sait toutes qu’on ne peut rien planifier de ce côté là…