Adieu intimité – les joies d’être parent vol. 4

Les enfants ont une conception toute relative de l’intimité et de la notion de propriété. Tout ce qui est à toi et à eux en gros, et ils ne comprennent pas bien à quoi servent les portes. Ton gamin a squatté ton utérus pendant plusieurs mois et a donc certainement assisté à des scène chaudes entre ton mec et toi (désolée pour celles qui sont enceintes, je n’ai pas pour but de tuer votre libido) et aux « fonctions organiques » de ton corps. Alors après tout c’est normal que tu ne puisse pas aller aux toilettes sans qu’il soit là, te parlant et restant collé à tes genoux pendant que tu fais caca. Tu as la nostalgie des longues minutes passées sur le trône à lire le ELLE ou Paris Match. Au lieu d’un moment de détente, tu te retrouves à devoir répondre à des questions du genre « ton pipi, il coule ? » ou alors « t’as fini de faire popo ? ». Ma fille s’est récemment prise de passion pour mon tiroir à sous-vêtement et prend mes culottes pour les mettre à ses poupées. Il y a quelques jours, elle a pris un soutif qu’elle a accroché au garde-corps de la fenêtre, à quelques mètres de la librairie en face. C’était pour décorer, qu’elle m’a dit. Elle est persuadée que l’iPad mini, propriété de Pacha depuis des années, est à elle. Elle estime aussi que les plantes en pot du restau d’à côté lui appartiennent. Notre chat Vieux Slip subit ses ordres, et gare à lui s’il ose s’installer sur « son » fauteuil (faut-il préciser que le fauteuil en question est à tout le monde). Little Bitch se fout aussi qu’on soit tout nus, et se contente en ce moment de se moquer de moi en me disant « t’as des poils toi ». Cela ne vaut pas la fois où elle a dit très sérieusement à l’assistante maternelle « mon Papa, il faut des prouts » #lesenfantsontformidables #momentsdesolitude

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Bonne poire et gros pigeon

Avec Pacha, on forme un couple au top du glamour : dans l’horoscope chinois, lui est rat et moi cochon. Au niveau du caractère, on se ressemble sur un point, à savoir qu’on a un côté très pigeon (lui plus que moi quand même), histoire de continuer dans le thème du bestiaire qui envoie du rêve… En fait je n’aime pas du tout demander de l’aide, puisque j’ai toujours peur de gêner et que je tiens dur comme fer à me débrouiller seule. Par contre, j’aime bien donner un coup de main. Et Pacha est pareil. Ce qui fait que parfois je me dis qu’on se fait bien entuber/exploiter. Sans aller jusque là, je suis parfois déçue de l’attitude de certains proches tout en réalisant que c’est en partie de ma faute, puisqu’on ne demande que rarement de l’aide. Suite à nos nombreuses aventures internationales et nos galères dont on s’est sortis seuls, on a une image de débrouillards indépendants qui arrivent toujours à retomber sur leurs pattes, façon les Indiana Jones de l’expatriation. Oui mais voilà, c’est pesant, et on aimerait bien aussi avoir un coup de main parfois… Ce n’est pas super agréable quand mes parents refusent de garder notre chat pour deux semaines car ils sont « trop occupés », et n’étaient pas disponibles pour garder Little Bitch les rares fois où on leur a demandé, en nous disant qu’on trouvera bien une solution. C’est un peu rageant quand une amie me répond qu’elle n’a pas le temps de faire un détour de 5 min pour déposer des documents importants dans une boite aux lettres, alors même que le mois précédent on a passé le week-end à l’aider à déménager. Et j’ai eu des envies de meurtre le jour où, alors qu’on était en plein déménagement, sans aucune aide autre que celle des déménageurs professionnels qu’on avait engagés, ma belle-soeur a demandé à Pacha d’emmener sa mère à un rdv médical car elle partait en week-end – le pire étant bien sûr que ce con a accepté. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres. C’est un cercle vicieux puisque ces refus nous découragent, donc on ne demande plus rien et on se dit que décidément on ne peut compter que sur nous-même. On se rend compte que finalement l’aide vient toujours de gens qu’on a rencontrés assez récemment, telle ma collègue qui m’a proposé de m’amener aux rdv médicaux et qui a refusé que je lui paye l’essence alors qu’elle est en pleine galère. Je n’attends plus rien d’une bonne partie de mes proches – ce qui change, c’est que maintenant ils ne peuvent plus compter non plus sur la fouine, anciennement bonne poire. Non mais ! Quand à Pacha, je crains que ce ne soit un cas désespéré : il vient d’accepter de réparer le camion d’un collègue qui a refusé de lui filer une clope une fois « parce que ça coûte cher, tu vois ».

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Pacha, alias Royal Pigeon

Les avantages des inconvénients

Je lisais récemment un texte sur la lutte des femmes pour avoir accès à la contraception et cela m’a rappelé cette pensée que j’ai parfois : il y a tout de même quelques points positifs à être infertile. Si, si…

  • De la contraception, tu ne te soucies point. Les galères de pilule ou de stérilet, les flippes de fin de mois quand tu as un retard de règles, on ne connait pas, nous les infertiles.
  • Des économies, tu fais. Bah oui, quand et si tu as finalement la chance de procréer, tu es souvent la dernière de tes proches, qui du coup partagent leur expérience avec toi et te refile tout un tas de matos et de fringues de bébé.
  • Un carnet d’adresse en or tu possèdes. Le meilleur ostéopathe, acupuncteur, naturopathe, tu connais. LE ou LA super gynéco du coin est devenu (e) ton/ta meilleur (e) ami (e) et tu as même sa ligne directe et son mail.
  • De gêne et de pudeur, tu n’as plus. Se mettre à poil devant un professionnel de santé ? Pas de problème ! Tu tombes la culotte aussi facilement qu’un nudiste au Cap d’Agde et tu peux parler théâtre et vacances au soleil le frichti et/ou les nibards à l’air en étant parfaitement détendue.
  • Ton potentiel zen, tu développes. Il en faut de la sérénité et de la maîtrise de soi pour ne pas étrangler tante Yvette avec son foulard Hermès quand elle te sort une énième RALC, ou pour ne pas éborgner ta collègue PB avec l’agrafeuse pendant qu’elle glousse sur la difficulté du choix du prénom en tripotant son bola.

 

Quand la scoumoune ne te lâche pas

Il y a eu cette visite chez le dentiste qui s’est terminée en séance gore d’arrachage de molaire. Il y a eu ces règles qui n’en finissaient pas. Il y a eu cette panne de voiture la veille au soir d’un départ pour un entretien puis pour un mariage. Il y a eu un virement de salaire qui n’est jamais apparu sur le compte. Il y a eu cette facture d’électricité au montant astronomique. Il y a eu cette pensée que j’avais dû faire vraiment des sales trucs dans ma vie antérieure pour me taper un karma aussi pourri.

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J’en suis au point où je rentre la tête dans les épaules et je me demande quelle bouse va encore nous tomber dessus : l’appart qui crâme ? l’ordi qui explose ? une jambe cassée ?

Malgré tout ça, le week-end a été riche en émotions positives, avec le mariage de ma sœur rempli d’instants de grâce : une ambiance de fou, un lieu avec vue sur une plage du Sud, un repas gastronomique, la joie d’être avec des proches qu’on ne voit que trop rarement, Little Bitch qui s’éclate avec ses cousins. Même les deux femmes enceintes (jusqu’au cou) présentes ne m’ont pas sapé le moral. Il semblerait que je sois dans une phase de bienveillance façon « joie et bénédiction, je suis contente pour vous » – ou alors c’est juste que j’ai trop de catastrophes à gérer en ce moment pour penser à mon infertilité. A toute chose malheur est bon #proverbedemamie

 

Echec et mat

Dure semaine : mes règles ont débarqué avec 4 jours de retard signant sans surprise la fin de cette 4ème stimulation. Mercredi, je me suis effondrée en larmes pendant mon cours de conduite sous l’oeil inquiet de la monitrice. Trop de stress, trop de pression, période d’incertitude, j’ai craqué, et pas au meilleur moment. Jeudi matin, rendez-vous avec Dr Strange annulé car j’étais malade, vertiges et fièvres. Et aujourd’hui, un arrêt de travail jusqu’à mardi inclus car il s’avère que j’ai la mononucléose. Je viens d’apprendre que ma CMU n’est pas renouvelée, et comme ma fille a eu 3 ans, je n’ai droit qu’à la moitié de ce que je recevais jusqu’à présent de la part de la CAF pour m’aider à payer l’assistante maternelle, ce qui est déjà un gros poste de dépense pour nous. Je décerne donc à cette semaine le titre officiel de plus pourrie de l’année ! J’essaie de ne pas m’effondrer mais c’est dur. J’ai pris rendez-vous pour début juillet avec un autre gynéco, spécialisé en infertilité et qu’on m’a recommandé. De toute façon Dr Strange est maintenant en vacances, et je voudrais avoir un regard neuf, et passer des examens plus poussés (au moins un spermo pour Pacha et une hystéro pour moi), même si ensuite on décide faire une longue pause ou qu’on part dans une autre région. Au moins j’aurais un aperçu de ce qui nous attend. Je suis à terre, j’espère me relever bientôt.

 

35

Vendredi, j’ai eu 35 ans. Bien qu’officiellement, j’en ai 25 of course… 35, c’est l’âge où on dit que la fertilité en prend un coup. En même temps, la mienne n’a jamais été au top : est-ce que ce sera de plus en plus pire ? A 20 ans, je m’imaginais à 35 ans en couple, sans arrêt en voyage, et sans enfant (oui l’envie de procréer est venue assez tard). Conclusion : je n’ai jamais été dans une situation aussi incertaine qu’en ce moment. Au niveau familial, professionnel et bien sûr au niveau PMA. A ce sujet, nous allons certainement faire une pause de quelques mois et aviser quand nous serons installés quelque part de manière plus permanente. J’ai décidé de me laisser porter par les événements. J’ai la chance d’avoir ma fille avec qui je me laisser aller parfois à retrouver une âme d’enfant : on s’éclate à jouer aux Playmobil (sauf quand elle se colle une fleur dans le pif) et on fait du twerk sur Jason DeRulo.

Mes collègues m’ont organisé un petit repas surprise à midi, avec bouteille de blanc (elles me connaissent bien) et m’ont offert de jolies boucles d’oreille. Le soir, Little Bitch m’a remis son chef d’oeuvre, un grand dessin avec des photos de nous deux. Pacha, chose exceptionnelle, s’est mis aux fourneaux.

Et puis voilà, je me suis écroulée comme une vieille de 80 piges à 22h. Bon ça va hein, ça faisait trois nuits que je ne dormais quasiment pas, entre insomnies et toux de ma fille. Faut dire que je n’ai plus de couverture santé depuis que ma CMU a expiré il y quelques jours. Ca fait deux mois que mon dossier fait des allers-retours, et quand enfin ça pourrait être finalisé, ils nous demandent les fiches de paie de Pacha. Problème : son patron ne lui en a pas donné depuis qu’il a commencé en mars, et ça fait deux semaines qu’il lui réclame sans succès. Apparemment, son comptable est injoignable. Bordel de b*te ! Je sature, car faut savoir que Pacha passe son temps à lui réclamer des trucs, genre le paiement de son salaire… Heureusement que je n’enchaîne pas avec une autre stim, sinon j’aurais bien été emmerdée. En attendant, j’ai quand même rendez-vous jeudi avec Dr Strange pour faire le bilan.