Sur la route

C’est l’été, la canicule, les cigales chantent et je m’apprête à partir pour PachaLand, un long périple qui s’annonce un poil pénible. Je n’aurais qu’un accès très aléatoire à internet ce qui m’obligera à déconnecter. Vais-je réussir à rester calme face à l’omniprésence de ma belle-famille ? Vais-je survivre à l’anniversaire du fils de ma belle-soeur où 50 personnes sont prévues dont certainement plusieurs PB (et pas une goutte d’alcool pour aider à tenir le coup) ? Aurais-je la larme à l’œil en revenant dans le cabinet de Dr VIP ? Notre mariage sortira-t-il indemne de ces 2 semaines de « vacances » en milieu périlleux et où nous aurons zéro intimité ? Réponse mi-août…(ça c’est du teasing!)

 

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Entre-deux

La vue de ma fenêtre, pas mal non ?

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Pourtant, je me sens de plus en plus à l’étroit ici, j’ai besoin de changement. Nous sommes dans une sorte d’entre-deux en ce moment, dans un flottement : entre deux endroits, entre deux jobs, entre deux traitements PMA, infertiles mais parents. Le séjour à PachaLand m’angoisse et je ne pars pas tranquille. Pourtant, ça pourrait me faire du bien et je me suis organisée autant que possible pour avoir du temps libre sans mari ni enfant, et j’ai dit clairement à Pacha qu’il était hors de question que je reste des jours coincée dans sa famille à siroter du thé et à compter les mouches. J’ai pris rdv avec mon cher Dr VIP là-bas pour une écho de contrôle et pour voir ce qu’il pense de mes échecs récents. Même si évidemment il ne peut pas assurer le suivi, il pourrait être de bon conseil. Et puis une petite écho endo-chattale pendant les vacances, que demander de plus… Cela me rappellera de bons souvenirs, puisque j’ai fait tout mon suivi de grossesse dans son cabinet – et qui sait, ça me portera peut-être chance. J’en ai bien besoin, avec la scoumoune qui me suit ces derniers mois.

Sinon sur le front de Fertile Land, je commence à en avoir ma claque des articles à répétition sur le « baby bump » de cette tête à claque de Pippa Middleton, et de comment elle est trop stylée à Roland Garros, Wimbledon, dans la rue, sur les chiottes. Sérieux, y’ plus intéressant que la vie oisive d’une dinde qui s’est faite engrosser. Dans le genre « les joies de la fertilité », j’étais hier à la piscine municipale et Little Bitch a commencé à jouer avec une gamine de son âge. Du coup j’entame la conversation avec sa mère, qui a aussi un gamin de 4 ans. Je lui dis qu’ils sont rapprochés et là elle me dit « oui, et le 3ème arrive en janvier, on se dit que comme ça on passe quelques années difficiles mais après on sera tranquilles ». Moi: « ah oui je vois » (en fait je ne voyais pas du tout, je n’ai jamais compris cet argument d’en chier un max pour ensuite être plus tranquille quand les gamins grandissent. Moi j’aime le fait de pouvoir profiter de l’âge bébé) Bref, je crois que je ne m’habituerai jamais au fait que les gens puissent programmer quand avoir un gosse, et que ça marche. C’est comme planifier de gagner au loto, et paf, ça y est, tu as des milliers d’euros dans les poches. Dingue…

Les facéties de DNLP

Récemment DNLP s’est bien moquée de moi et a joué avec mes nerfs. Il y a 10 jours, des saignements après un rapport, suivis de spotting, ce qui m’arrive souvent en fin de cycle et annonce mes règles. Ca dure 2 jours, puis des saignements plus abondants pendant une matinée. J’ai ma cup, mes anti-douleurs, je suis prête pour J1. Sauf que le soir, presque plus rien, et que dalle pendant les 4 jours suivants. Des douleurs de règles, des pertes transparentes qui me font courir aux toilettes pensant qu’elles arrivent. Et là, ce satané espoir commence à faire surface : « et si j’étais Gertrude ? » Les symptômes sont similaires à ceux que j’avais enceinte de Little Bitch, après tout. Je cogite et finis par demander à mon frère de m’envoyer une ordonnance pour une prise de sang. Autant mettre fin à mes souffrances et à mes illusions rapidement. Sauf que le cabinet d’infirmières n’a de la disponibilité que le surlendemain. Soit, ça laissera le temps à mes règles de débarquer pour de bon (ou pas). Le jour d’après, appel : les infirmières sont débordées et ne peuvent finalement que 2 jours plus tard. Sauf que j’ai un entretien à 300 bornes de chez moi et impossible de caser une prise de sang ce jour-là. Bordel, je suis condamnée aux cogitations infernales. Je finis par appeler ma collègue et amie dans la soirée pour lui demander si elle peut m’amener au labo de moyenne ville le lendemain matin – c’est bon, c’est organisé. Et là, 2h plus tard, c’est le drame, c’est comme si le robinet s’était ouvert en grand : des pertes de sang abondantes, ne laissant aucun doute sur le fait que J1 est dans la place. Bilan : un cycle de 34 jours, avec les 10 jours précédents de saignements/pas saignements. Very nice, comme dirait Borat. Je me sens conne d’avoir pu imaginer être enceinte alors que j’ai 3 ans d’essais cumulés qui n’ont jamais donné la moindre grossesse naturelle. Franchement, j’aurais dû apprendre ma leçon depuis le temps… C’est DNLP qui a dû se taper une bonne barre.

 

Jours de colère

 

Plus le temps passe, plus ce satané syndrome pré menstruel me transforme en une sorte de Hulk défonçant tout sur son passage. Un rien m’énerve : le temps mis par Pacha pour enfiler ses chaussures, la tête de veau neurasthénique de ma collègue de l’accueil, la lenteur d’internet, les grappes de touristes bloquant le passage dans ma rue, cette fucking coupe du monde de footeux de merde et tant d’autres choses. La délivrance vient avec J1 : je suis plus calme, mais par contre j’ai mal et peur d’une fuite intempestive de ma cup. D’ailleurs DNLP joue souvent avec mes nerfs, avec des petits saignements et des douleurs me faisant penser que ça y est, ce soir ou demain « elles » seront enfin là, et en fait non. Heureusement pour mes nerfs que je ne psychote plus sur une éventuelle grossesse depuis pas mal de temps maintenant.

J’avais d’ailleurs rendez-vous jeudi avec un autre gynéco spécialiste en infertilité et je l’ai annulé. On part deux semaines en vacances à Pachaland en août, j’ai des entretiens d’embauche ces prochains jours pour des postes dans des endroits loin d’ici et donc ça ne sert à rien de passer des examens médicaux maintenant – et je n’ai pas le temps de refaire une stim avant septembre. On est donc au point mort niveau PMA. Tante Yvette dirait que vacances + déménagement en perspective = grossesse assurée car vousnypensezplus. Ah ah ah. La Fouine, elle, sait bien qu’après 4 stims négatives et 18 mois sans contraception, baby no 2 ne se pointera pas sans gros coup de pouce. En attendant, c’est plutôt agréable de ne plus avoir de rdv médicaux et de traitement, et j’en profite tant que ça dure.